Quête (4)
Imela leva les yeux vers Omacer, ne pouvant cacher son incrédulité. L’abus d’alcool avait-il définitivement fait perdre la raison au mage ?
- Dalhin ? Soyez sérieux, Omacer ! Dalhin est la cité céleste où se réfugient les âmes après la mort. Le seul moyen d’y accéder, c’est de quitter ce monde. Ce n’est pas cette tablette qui va nous permettre d’y entrer !
Omacer se tourna vers la jeune femme. Son regard semblait parfaitement lucide, et toute trace de l’ivrogne qu’ils avaient traîné jusque là avait disparu.
Quête (3)
Lanea s’assit sur le petit banc de pierre accolé au mur du jardin. C’était l’endroit où la jeune femme se sentait le mieux de toute la forteresse d’Oeklhin. Ce lieu dégageait une sensation de paix qui rappelait un peu les jardins de la cité de Dafakin. La jeune femme éprouvait une certaine fierté à l’idée que ce havre de verdure était son œuvre. Erûciel en avait conçu la majeure partie, bien sûr, mais c’était Lanea qui avait persuadé les autorités impériales de lancer sa construction.
Quête (2)
Aridel semblait parfaitement connaître les rues de Cersamar. Il passait par des venelles dont Imela n’avait jamais soupçonné l’existence. La plupart étaient désertes, leurs maisons abandonnées depuis plusieurs années. De temps en temps on apercevait les ruines d’une ancienne fontaine ou d’une statue. Le groupe hétéroclite constitué d’Imela, Demis, Aridel et Daethos marcha ainsi pendant une dizaine de minutes avant d’arriver devant un tripot à l’aspect encore moins engageant que l’Auberge du Marin.
Quête (1)
Le vent s’était levé, et la mer formée ballotait le Chiltôli de part et d’autre. Shari, pour qui les longs voyages sur l’océan étaient pourtant familiers, avait du mal à tenir debout, et elle ressentait même par moment des nausées. La jeune femme se trouvait sur le pont, fermement accrochée au bastingage du gaillard d’avant. Elle essayait de rester le plus à l’écart possible de l’équipage du navire et de son capitaine. Lasham avait un regard encore plus lubrique que ses hommes lorsqu’il regardait Shari. Même s’il s’était montré irréprochable jusqu’alors, elle ne tenait pas à l’encourager. Un simple sourire aurait pu être mal interprété, et elle était la seule femme à bord.
Imela (6)
La salle du trône était immense. Jamais Djashim n’aurait imaginé que la Tour d’Oeklos puisse receler une pièce d’une telle dimension. Elle avait la forme d’une demi-sphère : le sol était un cercle parfait d’un diamètre de 30 toises (60 mètres) et le plafond en forme de dôme culminait à 15 toises (30 mètres) au dessus de Djashim.
La porte par laquelle était entré le jeune homme se trouvait à l’une des extrémité de la demi-sphère, et le trône lui même était au centre de la salle. Sur tout le pourtour de la pièce étaient disposées une multitude de statues, certaines représentant des mages en robe de cérémonie, d’autres des hommes-sauriens, et d’autres encore des soldats ou des officiers de l’empire de Dûen. Certains de ces ouvrages avaient même l’allure de sénateurs de Niûsanif, le pays natal de Djashim.
Imela (5)
Imela fit entrer le Sorcami et son compagnon dans la maison en ruine où elle avait établi son quartier général lorsqu’elle séjournait à Cersamar. Le bâtiment ne lui appartenait pas, bien sûr, mais personne n’était jamais venu lui réclamer quoi que ce soit, et elle doutait que son propriétaire soit encore vivant. De plus, cette maison se trouvait bien loin des quartiers encore considérés comme habitables. Elle était située au Nord de de la ville, non loin de l’endroit où le rayon céleste d’Oeklos avait frappé les murailles pour la première fois. Les ruines du mur qui l’entouraient le repère d’Imela le cachaient aux regards. Cela offrait un niveau de discrétion qu’appréciait tout particulièrement la capitaine du Fléau des Mers.
Imela (4)
Shari marchait avec circonspection, surveillant en permanence ses arrières. Même avec la capuche qui lui couvrait la tête, quelqu’un aurait pu la reconnaître dans la foule dense qui sillonnait la Grand-Rue du port de Spemar. La jeune femme tenait avant tout à éviter de croiser des patrouilles de gardes impériaux. C’était un comble pour un membre de la famille impériale de Sûsenbal de devoir se cacher de ses propres sujets, mais si un garde soupçonnait sa présence, c’en était fini d’elle et de tous ses projets.
Imela (3)
Djashim rabattit le col de son manteau sur son cou. L’air extérieur était chargé d’une humidité glaciale qui le faisait frissonner. Le sol couvert de neige crissait sous ses pieds, et il sentait le froid à travers ses bottes. Autour de lui résonnait le bruit de pioches frappant des pierres gelées. Les ouvriers étaient encore au travail, malgré l’heure tardive. Pas de repos quand on construisait pour Oeklos. Djashim avait déjà vu certains de ces hommes se tuer littéralement à la tâche, espérant ainsi apporter une maigre subsistance à leur famille. Le jeune homme refoula ces pensées et se mit à regarder le ciel. Comme toujours, il était plus noir que du charbon. Cela faisait quatre ans que le soleil ne s’était pas levé sur l’île de Lanerbal, et l’obscurité lui était à présent aussi familière que le vent froid qui soufflait en permanence.
Imela (2)
La “ville” de Cersamar n’était à présent guère plus qu’un village. Oubliée la grandeur passée qui avait fait de ce port l’un des plus grand du continent d’Erûsard. Même les comptoirs commerciaux des royaumes des Nains étaient plus vivants que Cersamar. Ravagée par les deux batailles dont elle avait été le théâtre, et la famine qui avait résulté de “l’Hiver sans Fin”, l’ancienne cité avait perdu plus des trois quarts de sa population.
Imela (1)
- Faites monter les tireurs d’élite sur les plateformes des mâts, lieutenant, ordonna le capitaine.
Imela s’exécuta sans perdre un instant. Elle courut vers le maître d’arme qui était déjà en train de beugler des ordres à ses hommes, et répéta les paroles du maître du Fléau des Mers_. La jeune femme faisait de son mieux pour ne pas penser aux formes menaçantes des Raksûlaks qui tournoyaient dans le ciel au dessus du navire. Le maître d’armes, quant à lui, n’arrêtait pas de lever les yeux vers la voûte céleste. Il écouta à peine Imela lorsqu’elle lui transmit les instructions du capitaine. Il la salua quand elle eût fini, indiquant qu’il avait compris, et la jeune femme se dépêcha de reprendre sa place sur le château arrière._